Extrait de la préface
du livre de Marcel Ollivier
Spartacus, La liberté ou la mort !
(essai de 1929 édition Spartacus)
On nous a appris, à l’école, à admirer la civilisation gréco-latine comme le modèle de toutes les civilisations, la source de toutes les vertus : " Deux grandes civilisations, régies par des lois sages, soutenues par des vertus héroïques, honorées par l’éloquence, embellies par la poésie et par les arts." dit Anatole France. La civilisation gréco-latine, pour laquelle nos maîtres n’ont pas de termes assez dithyrambiques, fut en réalité la plus épouvantable barbarie, et la plus raffinée en même temps. Qu’est-ce qu’une "civilisation" qui repose sur l’exploitation la plus honteuse, la plus sanglante, d’une majorité par la minorité ? Et quelle exploitation pouvait être plus honteuse, plus sanglante que celle qui était à la base de l’esclavage ? On nous parle de "lois sages" et de "vertus héroïques". Certes, elles étaient "sages", ces lois qui faisaient reposer le bonheur de quelques-uns sur la misère et l’avilissement du plus grand nombre ! Les belles périodes oratoires de Cicéron, la douce musique des poèmes de Théocrite, de Virgile et d’Horace peuvent-elles nous faire oublier les gémissements et les plaintes des esclaves maltraités, torturés ?
Si nous descendons des hauteurs où tinte le pur cristal des poèmes de Théocrite jusque dans les profondeurs où se perdent les piliers sur lesquels reposait la société antique, nous entendons comme un clapotis de sang. Mais, nous dira-t-on, à quoi riment tous ces massacres, toutes ces horreurs auxquelles se livrèrent les esclaves après avoir brisé leurs chaînes ? Ne pouvaient-ils se libérer sans commettre toutes ces atrocités ? Certes, mais on oublie que l’esclavage n’est pas précisément une école de douceur et de bonté. Si les esclaves se rendirent coupables d’épouvantables atrocités, à qui la faute, si ce n’est à ceux qui, les ayant traités comme des bêtes, les préparèrent par conséquent à se conduire comme tels ? Et plus cruelle l’oppression, plus cruelle la vengeance. Tant qu’il y aura des classes opprimées, il faudra s’attendre, à de terribles explosions, le jour où elles se libéreront du joug qui pesait jusqu’alors sur elles.
Objectera-ton que ce soulèvement d’esclaves n’avait aucun but précis, qu’il était par conséquent voué à l’échec, et qu’il ne peut donc être question ici de classe qui se libère ? Argument sans valeur ! Entre une insurrection victorieuse et une insurrection vaincue, quelle différence y a-t-il, si ce n’est précisément que l’une a vaincu, tandis que l’autre a échoué ? Et l’échec d’un mouvement en change-t-il le caractère profond ?
La révolte de Spartacus fut un mouvement spontané de la classe opprimée contre l’ordre social qui l’écrasait. Leur sacrifice n’aura pas été inutile. Nous savons que rien ici-bas ne s’acquiert sans lutte et que le moindre progrès s’achète au prix du sang. Depuis les temps les plus reculés de l’histoire, l’humanité n’a pu avancer sur la route du progrès qu’en laissant aux ronces du chemin des lambeaux de sa chair. Fidèles à l’exemple qu’ils nous ont donné, nous poursuivrons la lutte contre les forces d’oppression. Car nous aussi nous avons faim et soif de justice. L’esclavage, contre lequel ils se sont dressés, il n’a pas disparu de la surface de la terre. De lourdes chaînes, mille fois plus lourdes et plus solides que si elles étaient de fer, tiennent encore asservie la race des hommes.
De ce qui fut leur dépouille mortelle, rien ne subsiste aujourd’hui. Leur poussière s’est mêlée à la terre qui les reçut. Mais leur esprit s’est répandu sur toute la surface du globe, animant aujourd’hui des hommes et des femmes, force innombrable qui transformera le monde et créera un jour cette fraternité humaine que rêva Spartacus.
2002 ans après J-C. Dans le monde plus de 100 millions d’enfants ne vont jamais à l’école. Chaque année meurent 11 millions de mineurs de 5 ans, soit 30 000 par jour, un toutes les trois minutes.
Les 3 personnes les plus riches du monde possèdent une fortune supérieure à la somme des produits intérieurs bruts des 48 pays les plus pauvres...
En France, dans certains quartiers, les hommes de 20 à 30 ans sont à 50% au chômage. Coïncidence, c’est dans ces quartier que la délinquance est la plus présente.
Au Portugal le SMIC est de 339 euros, soit 2223,69 Frs.
"Nous devons protéger les droits des brevets (…) pour garantir que la recherche-développement nous fournira les outils et les technologie nouvelles (…). Nous avons besoin de mécanismes pour empêcher la réexportation de médicaments à bas prix vers des économies plus riche" Mme Gro Harlem Brundtland, directrice générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Le nombre de décès dus au sida en Afrique dépassera les 60 millions d’ici 5 ans.
Sur la planète, toutes les dix secondes une personne meurt de la tuberculose, dans 98,8 % des cas les victimes vivent dans les pays du tiers-monde.
En France. 544 longs métrage on été diffusés en 2000. 208 étaient français (38,2%), 194 Étasuniens (35,7) et 142 provenaient d’autre pays (26,1).
"Une firme comme Vivendi appartient à ses actionnaires. Et à eux seuls. La direction propose. Le conseil d’administration dispose. Et en définitive, c’est le matché qui décide en faisant varier le cours de la Bourse à la hausse ou à la baisse" M. Jean-Marie Messier, 2001.
Plus de 100 000 marocains tentent chaque année de traverser clandestinement le détroit de Gibraltar pour gagner l’Europe, mettant leur vie en danger.
Parvenir à la satisfaction universelle des besoins sanitaires et nutritionnels ne coûterait que 13 milliards de dollars, soit à peine ce que les habitants des États-Unis et de l’Union européenne dépensent, par an, en consommation de parfums...
La France, 4ème exportateur d’armes au monde.
Dans le monde, plus de 211 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans sont contraints de travailler.
En 1998, 125 morts par suicides on été déclaré dans les prisons françaises ( 1 tous les 3 jours).
Le nombre d’enfants qui meurent dans la première année de leur vie est 20 fois plus important en Afrique qu’en Europe occidentale ou en Amérique du Nord.
Selon les Nations unies, pour donner à toute la population du globe l’accès aux besoins de base (nourriture, eau potable, éducation, santé), il suffirait de prélever, sur les 225 plus grosses fortunes du monde, moins de 4 % de la richesse cumulée.

Langue latine
Langue des transactions, des actes officiels, des procès, de la législation, elle est un instrument très efficace d’unification. Les paysans de Bretagne ou d’Espagne ignorent le latin. Soit. Mais leurs maîtres, eux, envoient leurs enfants à l’école et parlent la langue des riches, des occupants, des seigneurs.
Aristote : "L’Homme est un être social. Il n’est complet que dans l’association domestique, et cette association comprend trois éléments : l’homme, qui commande la famille, la femme, qui la perpétue, et l’esclave, qui la sert."
Sang bienfaiteur
Le sang de gladiateur avait la réputation de guérir toutes sortes de maladies. Après chaque combat, on voyait les vieillards, les malades, les infirmes, se précipiter sur les cadavres encore chauds et boire avidement le sang qui coulait de leurs blessures.
Gladiateur, la belle vie...
Les suicides y étaient nombreux. Surveillés et sans armes, il leur fallait user, pour se tuer, d’ingéniosité. Les uns se broyaient la tête en l’engageant dans une roue de voiture, mais la plupart se faisaient étrangler par leurs camarades.
Platon : "Je ne vois que deux expédients : le premier, de ne point avoir d’esclaves d’une seule et même nation, mais, autant qu’il est possible, qui parlent entre eux différentes langues, si l’on veut qu’ils portent aisément le poids de la servitude ; le second, de bien les traiter, non seulement pour eux-mêmes, mais encore plus pour ses propres intérêts."
D’autres révoltes
Une cinquantaine d’années avant celle de Spartacus, deux révoltes serviles eurent lieu en Sicile. L’île fut aux mains des esclaves durant 10 ans, pour une société sans maître ni esclave, avec un roi, une armée et même une monnaie...
Marché
Entre les courgettes et les pintades, une pancarte suspendue à leur cou indiquait leur âge, leur pays d’origine, leurs aptitudes et leurs défauts. On s’enquérait de leur prix. On les dévêtait, les examinait, les tâtait pour s’assurer de leur vigueur. Hommes, femmes, enfants étaient vendus de la main à la main.
Cicéron
A propos des combats entre romains qu’infligèrent les esclaves, Cicéron est choqué : "Qui aurait pu craindre que les citoyens romains se vissent exposés à un sort dont l’opprobre dépassait l’inhumanité ?"Oubliant qu’il avait écrit jadis : "Le Cirque vaux mieux que le Théâtre, car ce dernier amollit les cœurs, tandis que le premier familiarise avec la mort."
90.000 km de voies romaines
Ces routes droites, à travers ses provinces, protégées, balisées de bornes, entretenues, ponctuées d’auberges, ces routes sont l’instrument essentiel du pouvoir dominateur de Rome.
Cena
La mode romaine veut qu’on mange avec les doigts, et quoi de mieux, pour s’essuyer les mains, que les cheveux longs des esclaves.
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