L’avant
poste du stage arrive à
St Amand. Trente personnes en tout, 4 travaillent et préparent,
venues de Grenoble pour gérer cette session. Jolie Môme
revient de Ramatuelle. Une partie des Sans Nom de Nancy a la ferme
intention de lézarder deux jours. Entre trempette au lac de
Cuhnlat, emplettes à Ambert, rincette au
« Savine »,
le temps s’étire. On attend les potes.
Samedi 16 juillet 2005
Infâme Cagnard, on crève de chaud ! Certains pourront aider Jolie Môme à monter leur chapiteau. Courage ! La tâche est instructive, 800 kg de masse inerte à déployer, pour accueillir, répéter. L’intendance s’active, nous seront 96 à table le soir. Petit à petit les groupes arrivent. Le pré dévolu au camping se colore d’habitations de toile. Ephémère village qui augmentera St Amand d’un tiers d’habitants.
Une première discussion informelle a lieu, concernant l’accueil, la mise en place d’ateliers, de thèmes. Le premier débat permettra de présenter des propositions afin de gagner du temps.
Un premier atelier se met en place, Cyril (Jolie Môme) propose un texte sur le Lacrimosa du requiem de Mozart. Philippe, un copain de Nancy, filmera la semaine de stage. Un autre ancien Nancéen, David Vincent (ne rigolez pas, c’est son vrai nom) donne un concert au « Savine » avec le groupe les Mutants. La soirée pré-stage commence fort.
10h, salle Culturelle, au dessus du Village Vacances, première séance de travail collective. On met en place « La grève des mères ». L’après-midi arrive avec 6 ateliers.
Mozart rencontre un vif succès, avec 40 participants. La démarche est originale, les premières écoutes surprenantes.
Au préalable, chaque chorale présente deux chants, St Etienne (les Barricades, comme à Grenoble) vient pour la première fois. Les camarades se taillent un franc succès avec la grève générale et mineurs de France. Rouen s’est doté d’une jeune chef de cœur, Solène, le groupe interprète « du fric à l’aise », suscitant l’enthousiasme. Grenoble propose « Le chant des marais », interprété avec beaucoup de retenue, dégageant une forte émotion. Les Sans Noms de Nancy ont amené « Les archers du roi » et une version des Canuts un peu « dérangée ».
Le travail présenté par tous les groupes traduit des efforts, un peu plus de méthode et sans doute de rigueur.
Cette session démarre rapidement, un jour d’avance largement employé, un programme établi, un objectif pour le concert de fin de semaine, 19 chants proposés en commun ou en atelier. L’organisation semble plus cernée que celle des années précédentes.
10h, toujours salle Culturelle. Solène de Rouen met en place « du fric à l’aise », à 4 voix, avec près de 90 choristes. Une heure plus tard, un premier résultat satisfait les participants. Le deuxième jour se présente très bien aussi, c’est très encourageant !
Pour finir la matinée, Michel (Jolie Môme) anime des improvisations, des entrées chantées. Le travail est assez dense, la progression rapide. Les ateliers d’après-midi complètent parfaitement les journées aussi planifiées ( ???). Trois déplacements sont proposés en plus du concert, villages environnant, marché d’Ambert. En soirée un atelier théâtre et un atelier écriture sont aussi proposés.
C’est « Ventrebleu » qui est travaillé en commun, puis reprise du « Fric à l’aise » et petit travail de mouvement sur « la grève des mères ». On ne peut pas parler de chorégraphie, loin de là. Le déplacement simultané de 90 personnes, qui pour la plupart lisent le texte n’est pas évident. Cyril (Jolie Môme) demande une attention portée vers le public (virtuel pour l’instant). Celles et ceux qui travaillent pieds nus maudissent les gardeurs de chaussures. Un petit break permet une discussion, deux déplacements sont adoptés à Ambert et dans un village voisin, le jeudi et le vendredi.
Il faut commencer à envisager un filage de ce qui a été réalisé, déjà trois jours de boulot.
Les conditions de stage optimisent le travail. Pour beaucoup une journée de stage équivaut à 4 répétitions hebdomadaires, soit un mois de travail dans nos villes respectives, c’est dire si nos rencontres de St Amand sont bénéfiques !
Dans la journée Michel (Jolie Môme) nous resitue l’engagement de St Amand sur la question culturelle. Ce petit village a déjà organisé des festivals de 15000 personnes, Manu Chao, les Garçons Bouchers, Wampas et bien d’autres sont passés.
L’engagement politique du maire (PC) André Chassaigne n’est pas banal : soutient aux intermittents, accueil de Sans Papiers. Une invitation a aussi été faite à Joëlle Aubront (Action Directe) pour l’été.
On mesure effectivement notre chance de pourvoir bénéficier d’un tel lieu. Il ne doit pas y en avoir beaucoup.
Le programme se précise, ce mercredi matin on travaille « Grève générale », les copains de St Etienne partis trop tôt ont laissé des partitions à Bruno.
Le repas de midi fini, l’atelier Mozart reprend, puis une discussion afin de mettre en place un programme pour la visite au marché d’Ambert. Les horaires vont être un peu bouleversés concernant la vie au quotidien. Il y aura un premier filage le soir, 32 minutes prévues avec les chants travaillés jusqu’alors. Avec les présentations, quelques rajouts, la prestation durera 45 minutes.
Répétitions dans la cour, ça tombe bien, il fait beau.
Après le repas, les filages dureront jusqu’à minuit vingt.
Une inquiétude se précise. Il faut signaler que les deux guitaristes présents au stage ne sont pas « du matin », Cyril et Dave (Nancy) affectionnent le lever vers midi. Vu que la prestation est prévue à 11h à Ambert…
La fatigue gagne peu à peu le groupe : travail précis, répétitions en boucle, ateliers successifs et soirées variées (tarot, tchatche(s), chants « off »). Ca fait beaucoup. D’autant que le stage va s’accélérer. A mi chemin de la semaine il faut de plus en plus se mettre en situation pour la prestation de samedi.
Ca bouge aussi dans les troupes, quelques départs anticipés du fait du boulot ou de la famille, quelques arrivées retardées pour les mêmes raisons.
Le groupe total oscille entre 80 et 96 personnes. Au gré des filages, des réflexes reviennent sur le placement en « scène », les positions de chant, ce qui prouve que les stages successifs occasionnent de « beaux restes ».
Une équipe se propose pour écrire un journal (une feuille) qui sera distribué aux passants à Ambert.
Déplacement à Ambert. La journée commence bien, les deux guitaristes sont réveillés avant 10h. Bel exploit ! Mais il pleut, ou presque. Faut-il voir un rapport entre le décollage laborieux des zicos et la météo ?
Bref, à onze heures, les chorales sont sur la place de l’église à Ambert. Tout le monde entonne « Ventrebleu » et traverse la place du marché pour se rendre sur une placette située au-dessus. La foule n’est pas nombreuse, mais des groupes convergent là où nous chantons, restent, écoutent, applaudissent. Ce déplacement avait peut-être valeur de test, surtout pour se déplacer en chantant, se mettre en position face au public. L’accueil qui nous a été réservé semble confirmer l’investissement dans le travail. Des spectateurs viennent discuter avec nous, prennent le journal. Michel de Jolie Môme informe de nos prestations à venir.
On rentre en retard, très, le repas est pris à 14h30. La journée sera très décalée. A seize heures l’atelier sur Mozart reprend. C’est de plus en plus impressionnant. Cette mélodie, ces harmonies ne nous sont pas habituelles, mais procurent un apaisement peu commun dans l’écoute.
Déjà 17h, il faut se mettre d’accord pour préparer le spectacle de vendredi et samedi. Quatre chants sont retenus pour étoffer le répertoire de vendredi (St Germain) : Juillet 36, Grève Générale, Sans Papiers et l’appel du Komintern.
Quelques stagiaires ont fait relâche, au lac d’Ambert, les autres travaillent dans la cour jusqu’à 19h.
Vendredi
22 juillet 2005
10 h. Ce matin, l’échauffement a lieu dans la cour du collège, animé par Cyrile : « le prolétariat », môle, molle….Reprise de quelques chansons qui n’étaient pas très au point hier.
Après le déjeuner, les mozartistes se retrouvent pour répéter ; on y arrive, malgré un petit accord majeur qui ne veut pas….s’accorder ! Ils bénéficient en plus du concours de Gaëlle, une pianiste venue faire un récital à la salle cu la veille au soir.
Puis v 16h 30, c’est le départ en convoi vers St Germain l’Herm où nous sommes attendus pour une prestation. Il nous faut bien quatre « Ventrebleu » pour arriver prés de la mairie du village, en face d’une fontaine.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette prestation ne restera pas dans les annales ! Presque une semaine de stage est passée ; plus le spectacle d’hier, plus une fin d’après midi, cela donne quelque chose d’assez mou et décousu. Cela n’empêche pas le maire de nous offrir un coup à boire !
Le soir, c’est grillade party dans la cour du collège.
Samedi
23 juillet 2005
C’est le grand jour !
A 10 h, Michel nous convie dans la cour du collège à un bilan de ces journées et au perspectives à donner à ces rencontres (voire annexe).
Après midi libre..sauf pour le mozartistes qui se régalent d’une dernière répète d’une heure.
Un peu avant 19h, tout le monde se retrouve autour de la fontaine devant le collège. Cameras et micros sont branchés afin d’immortaliser le spectacle !
On attaque « Ventrebleu » qui nous emmène vers l’église et son perron où nous prenons place. Quel pied de nez que d’aller chanter des chants révolutionnaires à cet endroit !
Il y a là un public assez nombreux, et nous enchaînons les chansons dans l’ordre suivant :
A bicyclette (revue et corrigée…)
Les archers du roi
L’appel du Komintern
Sur le pavé
Mozart : lacrimosa (revu et corrigé…)
Grandola
La grève des mères
Die Moorsoldaten
Juillet 1936
Les sans papiers
La grève générale
Quand un soldat
La lega
Du fric à l’aise
El pueblo
Un premier lacrimosa raté
nous laisse sur notre faim ; il est repris à la
satisfaction de tous !
Après avoir pris un apero avec le public, on s’en retroune joyeusement vers le réfectoire pour notre dernier repas. La soirée se poursuit en beauté par un concert-bal des Jolie-Môme au Savine. Elle se poursuivra jusqu’au petit matin pour certains insatiables de chansons !
Dimanche
24 juillet 2005
C’est le jour des départs et du ménage !
Les réveils s’échelonnent jusqu’à l’heure de midi. On commence à ranger.
Après le déjeuner, les quelques interprètes du Requiem décident d’investir l’église du village, histoire d’aller une dernière fois faire retentir leurs voix dans un lieux o combien raisonnant !
Puis les équipes de ménagent entrent en action, afin de laisser le collège, les salles, le terrain de camping aussi propre qu’on les a trouvé il y a une semaine, alors qu’un peu partout on s’échange des adresses en se claquant la bises et en se disant à l’année prochaine !
Un grand MERCI aux barricades de Grenoble, et notamment Lili et Cécile, pour l’organisation de ce stage.
Un grand MERCI aussi à Cyrille pour sa disponibilité et sa direction !
Michel (Nancy), Olivier (Grenoble).
ANNEXE
Compte rendu de l’AG
bilan du stage de St Amand : samedi 23 juillet
Le stage lui-même.
Manque
de travail de mise
en scène
malgré les ateliers théâtre
proposés par Michel – qui pourrait être plus
intégré
au stage.
3
représentations
au cours du stage,
c’est beaucoup ; celle de St Germain l’Herm
était en trop.
Contacts inter chorales : faire fonctionner une lista mail commune.
Prévoir
l’idée
d’une personne relais par chorale.
Karen, de Grenoble
centralise les mails pour constituer une mailing liste
générale
Lorène, des Jolie
môme centralise les référents de chaque chorale.
Le prochain stage.
Le stage 2006 pourrait être organisé par les Josettes Rouges du Havre et se dérouler dans la première semaine d’août. Si elles s’occupent des aspects matériels, les autres (programmation, fonctionnement…) pourraient être pris en charge par une autre chorale.
Michel rappelle l’idée
originelle de faire un festival des luttes à St Amand.
Pourquoi pas en 2006 ? Mais un festival ne doit pas gêner
les travaux des chorales.
Quelle que soit la forme qu’il prendra, Il faudrait un suivi média sur l’évènement, avec une diffusion auprès des élus politiques et syndicaux afin d’éventuellement les impliquer. Prévenir aussi les militants du Puy de Dôme sur l’organisation du stage.
Quelques points d’organisation à perfectionner.
Maintenir
l’idée
d’organisation de week-end à week-end.
Prévoir les dates
d’organisation du stage plus tôt.
Attention au nombre de
participants qui ne peut être expansionnel pour des raisons
pratiques (sanitaires, douches).
Selon Michel, la mairie
pourrait faire des efforts sur les sanitaires et le camping,
compte-tenu de l’évènement.
Prévoir
l’organisation d’un affichage au jour le jour par un petit
comité
d’orga inter chorale durant la semaine.
Conserver des moments où
l’on n’est pas forcément tous ensemble.
Préciser des le
début du stage, et même avant si possible,
l’organisation à ceux qui viennent la première fois,
afin d’éviter qu’ils arrivent « à
froid ».
LES
JOURNEES
CHORALES
DE
SAINT-AMANT-ROCHE-SAVINE
Stage
autour du chant militant et révolutionnaire
9 - 15
juillet 2001
C'est par un chaud après-midi de juillet que commencent à affluer vers le petit village de Saint-Amant-Roche-Savine, au cœur du Parc naturel régional Livradois-Forez, au-dessus d'Ambert, les chanteurs de cinq chorales venus de tous les coins de France.
-
"Les Josettes rouges" du Havre
- La
chorale D'A.C ! Limoges (Agir contre le chômage)
- Le
Front musical d'intervention (F.M.I.) de Paris
-
"Les coccinelles voix rouge" de Lyon
-
"Les Barricades" de Grenoble
Leurs
dénominations suffisent pour comprendre quels sont leurs types
de répertoires : des chants de lutte, de révolte et
d'espoir qu'ils interprètent souvent dans la rue aux
côtés de ceux qui se battent pour leur travail, leurs
droits, leur toit.
Ils
viennent rechercher ici rencontres et perfectionnement au contact de la
Compagnie "Jolie môme", qui partage les mêmes engagements.
Celle-ci est déjà connue par ses spectacles ("Barricade",
"L'assemblée des femmes") et ses chansons, (le troisième
C.D. vient de sortir).
Les
"Jolie môme" sont des habitués de Saint-Amant puisqu'ils y
ont enregistré leur trois disques et présenté des
spectacles sous chapiteau.
Il faut
dire que ce petit village de 500 habitants a un maire communiste
particulièrement dynamique, André Chassaigne, dit
"Dédé", directeur du collège situé dans le
bourg ; pendant treize ans, jusqu'en 1996, Saint-Amant a accueilli le
festival "Saint-Amant rock ça vibre", l'un des plus important
rassemblement national de rock en milieu rural.
L'organisation matérielle du stage
Ce sont les choristes de "Barricades" de Grenoble qui ont pris l'initiative de ce rassemblement. Pour ce faire, une petite commission, composée de Noëlle, Marianne, Sarah, Sophie et Marie, s'est occupée de toute l'organisation matérielle du stage, en particulier le budget et la bouffe. Dès leur arrivée, Noëlle et Marie partent d'ailleurs faire un énorme ravitaillement général à Clermont-Ferrand.
Finalement, le lundi soir, après que les premiers arrivants aient étrenné la terrasse du bar et après un repas "pique-nique", une assemblée générale permet de faire le point sur l'organisation du séjour.
- Chaque chorale se présente, en précisant que d'autres de leurs membres arriveront le lendemain ou dans la semaine.
- Pour
la répartition des tâches matérielles, des
équipes de quatre à cinq personnes s'occuperont chaque
jour respectivement des repas et plonges du midi (deux équipes),
du soir (deux équipes) et du nettoyage (une équipe.) Des
feuilles d'inscriptions circulent dans l'assistance ; elles resteront
affichées sur la porte du réfectoire. Pour une
journée, un "chef d'équipes" coordonnera le boulot et
veillera à ce que tout se passe bien.
Signalons
d'ors et déjà que ce système a bien
fonctionné sur les cinq jours : les équipes de bouffe
s'étant même livrées à quelques
improvisations hilarantes avant de servir les repas : parodies de
chanson ou manifestation avec banderole. Quelques "temps forts"
gastronomiques ont ponctué le séjour : la potée
aux choux (mardi), la "barbecue party" (jeudi), la soupe au pistou
(vendredi), le tajine (samedi) ; la bonne chair partagée
renforçant la convivialité !
Le vendredi
13 au soir, nous avons préparé le repas pour un groupe de
Cubains, quelque peu déroutés par la soupe au pistou
qu'ils n'ont guère apprécié. Ils venaient chanter
des chants religieux et traditionnels dans l'église du village.
- Le
collège de Saint-Amant, possède un internat, où
sont logés les "Jolie môme", une cuisine de
collectivité ultra moderne....et de précieuses douches
que les stagiaires ont pu utiliser tout au long du séjour. C'est
dans le réfectoire que sont pris tous les repas.
Le camping
est installé dans un champ pourvu d'un hangar, mis à
notre disposition par la Mairie à la sortie du village,
prés du cimetière. Malheureusement, les toilettes et
point d'eau qui s'y trouvent ont rarement ou pas fonctionné,
d'où la préciosité des douches du collège !
Après
avoir passé en revue ces aspects matériels du
séjour, il est question de l'organisation du travail de la
semaine.
- Le
matin, les stagiaires seront encadrés par les "Jolie môme".
-
L'après-midi, Marie Godais propose d'animer des séances
de maîtrise de la respiration, de la voix et du corps. Chaque
chorale pourra ensuite travailler séparément ou ensemble
sur des thèmes communs.
Mais
déjà, les membres de cette assemblée
générale, fatigués par les kilomètres,
aspirent à un repos salvateur ; ils gagnent tentes et lits en
espérant des lendemains qui chantent !
Voici comment se sont déroulés les différents moments du stage;
Les
matinées de travail avec les "Jolie môme" : entre 10 h. et
13 h. dans
la
salle polyvalente du village.
Durant cinq jours, Michel Roger, metteur en scène des "Jolie môme", a réussi le tour de force d'animer un groupe de soixante à soixante-dix personnes en faisant en sorte que chacun y trouve son compte. En fait, dés le début, il précise qu'il veut, avec Cécile, Lorène, Cyril, Pascale, Sylvie, Serge et Mathieu, nous emmener dans l'univers "Jolie môme" par des arrangements de chansons et des improvisations dont ils ont l'habitude. Le tout accompagné à la contrebasse et à la guitare. Ils nous distribuent les textes des chants sur lesquels nous allons travailler.
Généralement,
la séance commence, en guise d'échauffement, par une
chanson interprétée à l'unisson : La semaine
sanglante, Göttingen ou L'âge d'or.
Puis, sur
La semaine sanglante ou Sans la nommer, on travaille par petits groupes
les entrées sur scène, style "manifestation interdite" ou
avancée en masse. Tout cela pour prendre conscience des gestes :
à partir du moment où le public voit les acteurs, ceux-ci
doivent être en jeu, sans mouvements parasites,
concentrés, le regard fixant le public dans sa globalité.
Cela a
donné lieu à quelques chorégraphies
intéressantes autour des caisses en bois de différentes
tailles, décor habituel des "Jolie môme"...et avec
l'indispensable drapeau rouge !
"On
s'ennuie !" crie Michel lorsque les groupes tardent à se mettre
en place.
Autre exercice, avec la chanson Le piano de la plage de Charles Trenet. Nous nous répartissons en petits groupes interprétant chacun un couplet, toujours accompagnés à la contrebasse et à la guitare. Le but de cette manœuvre vocalo-chorégraphique étant de jouer et chanter en s'écoutant ; pendant qu'un groupe chante un couplet, les autres l'appuient par des rythmes à la voix ("choubidou, ouap, ouap.)
Certaines
improvisations à deux ou trois personnes permettent de
travailler davantage sur le rythme et le tempo.
- Un
exercice, avec accompagnement instrumental, sur un thème
rythmique décliné d'après une
célèbre publicité et des paroles d'anthologie sur
le plan du message révolutionnaire : "J'aime la barbe à
papa".
- Un
exercice sans accompagnement, sur des phrases ou onomatopées
rythmées commencées par deux ou trois personnes rejointes
petit à petit par d'autres.
Ce compte rendu de travail quotidien avec les "Jolie môme" serait incomplet sans faire état de chorégraphies mémorables sur la chanson J'ai encore rêvé d'elle où certains ont vraiment pris leur pied !
Quelques
enseignements fondamentaux sont à tirer de ces séances
:
-
être corporellement présent sur scène, même
à l'état statique.
-
s'écouter et écouter les autres.
-
rendre la chanson et son interprétation crédible,
agréable à écouter et à voir par le
public.
Les ateliers de Marie Godais.
Une
heure l'après-midi, en général entre 15 h. et 16 h.
Ces temps
de travail ont complété efficacement ceux du matin :
Marie a proposé des exercices de positionnement corporel (jambes
parallèles, genoux fléchis), d'assouplissement et surtout
de respiration abdominale (maîtriser sa respiration en sortant un
ou plusieurs sons.)
Les répétitions inter chorales
Assez
rapidement, Michel Roger et les "Jolie môme" émettent
l'idée que les chorales pourraient accompagner leur spectacle
"La crosse en l'air" qu'ils donneront le soir du 14 juillet :
- avec des
chansons répétées le matin
- avec des
chansons choisies et préparées ensemble par les chorales
- avec une
chanson que chaque chorale tirera de son répertoire
Ces
répétitions ont lieu l'après-midi, de 16 h.
à 19
h.
Pour le
choix des chansons à interpréter ensemble, une
assemblée générale permet de déterminer,
après moult discussions, trois chants qui conviennent à
tout le monde. Ils correspondent à trois idées :
- une
chanson révolutionnaire française traditionnelle : Le
chant des ouvriers
- une
chanson révolutionnaire étrangère : Bandiera rossa
- une
chanson à thème plus récente : Petit bonhomme (Le
mari de Maryvonne) d'Anne Sylvestre.
Entre
mercredi et samedi, nous mettons donc au point une chorégraphie
et une interprétation pour chaque chant, sous l'œil attentif et
les conseils avisés des "Jolie môme".
Le
chant des ouvriers : à trois voix, selon l'harmonisation du
F.M.I.
Bandiera
rossa : également à trois voix selon l'harmonisation des
"Barricades". La répétition de cette chanson a
donné lieu jeudi à une descente de rue entre la salle
polyvalente et le collège.
Petit
bonhomme : par petits groupes interprétant chacun un couplet, un
autre chantant le refrain et un dernier faisant un "bourdon"
d'accompagnement vocal.
Ces temps de répétition sont aussi nécessaires pour que chaque chorale (re)travaille la chanson qu'elle a choisie d'interpréter le 14 au soir. (Voir ci-dessous.)
Bien sûr, il a fallu apprendre les paroles de tous ces chants et il n'était pas rare de croiser le matin, après le petit déjeuner, ou lors des différentes pauses de la journée, des stagiaires feuilles à la main qui ânonnaient des couplets en s'y reprenant souvent à deux fois !
Cela devait aboutir au "clou" du stage : le spectacle du 14 juillet.
Le 14 juillet au soir : juste avant - pendant - juste après.
Dès
vendredi, nous répétons sous le chapiteau des "Jolie
môme" édifié dans la semaine sur les hauteurs du
village et surmonté d'un beau drapeau rouge.
La veille
au soir, nous avions pu assister à une répétition
de leur spectacle ; le décor de caisses de bois est donc
déjà agencé et permet l'installation des
chorégraphies.
La journée de samedi, très minutée dans le temps, se partage entre les répétitions des "Jolie môme" et les nôtres. Il faut dire aussi que les chorales se sont étoffées de certains de leurs membres qui, profitant du week-end, ont pu rejoindre Saint-Amant.
A 18 h.
les choristes se rendent à la mairie entre deux averses pour
assister à une cérémonie : le Maire remet des
insignes et des grades de promotion aux pompiers volontaires de la
commune. Nous leur chantons, en guise de répétition
générale, Le chant des ouvriers. Le refrain "Buvons,
buvons, buvons à l'indépendance du monde" est alors de
circonstance puisque cette petite réception se termine.....par
le traditionnel pot de l'amitié.
Mais il est
déjà 19 h. et nous devons regagner le réfectoire
où nous n'avons qu'une petite heure pour dîner avant le
spectacle.
Enfin,
le grand soir arrive.....avec une grosse averse mais le public
présent et le trac réchauffent les cœurs (et les chœurs.)
Le
spectacle se déroule ainsi :
En ouverture : La semaine sanglante, interprétée comme nous l'avons travaillé avec les "Jolie môme" (apparition d'une foule déterminée autour et sur les caisses en bois.)
Puis
Michel présente les cinq chorales qui interprètent tour
à tour la chanson qu'elles ont choisie :
- "Les
Josettes rouges" : un chant de lutte sur la condition féminine
sur l'air de Mon amant de Saint-Jean.
- Le F.M.I.
: La lega (chanson italienne)
- "Les
coccinelles" : Rue de Paname (d'après les Ogres de Barback)
- A.C !
Limoges : La farendelle des sans droits (sur un air traditionnel
du Limousin)
- "Les
Barricades" : L'appel du Komintern.
Les "Jolie môme donnent leur spectacle "La crosse en l'air" : mise en scène d'un texte de Jacques Prévert écrit en 1936, dénonçant la collusion entre le Vatican, les dictatures fascistes italienne, allemande et les défenseurs du franquisme en Espagne.
Enfin, les chorales interprètent Sans la nommer et les trois chansons travaillées ensemble : Petit bonhomme, Le chant des ouvriers, Bandiera rossa.
Au final, le public semble avoir apprécié. En tout cas, les choristes et acteurs de "Jolie môme" ont passé l'épreuve avec détermination....et beaucoup de plaisir !
En guise de conclusion...
Le
samedi après midi, sous le chapiteau des "Jolie môme",
quelques minutes sont consacrées à un bilan du stage.
Tout le monde est unanime pour tirer un grand coup de chapeau aux
organisateurs-trices des "Barricades" qui ont permis que ces rencontres
se déroulent dans les meilleures conditions possibles.
On rappelle
aussi l'implication du village de Saint-Amant et de son maire qui nous
a accueilli en nous présentant, un soir, les combats qu'il
menait pour faire vivre sa commune.
Enfin, une
parodie de la chanson éponyme de Léo Ferré permet
de remercier les "Jolie môme" qui, en plus de nous avoir fait
profiter de leur expérience de la scène et du chant, sont
constamment restés avec nous pour profiter des temps de
détente.
Le dimanche, après une nuit assez courte pour certains - bal des pompiers oblige - il faut plier les tentes sous la pluie. La plupart des choristes se sont dit au revoir ce jour là en s'échangeant des répertoires et en évoquant l'idée de remettre ça l'année prochaine !
Cette
semaine a donc permis la rencontre de gens qui partagent l'envie de
chanter. Mais ces répertoires communs de chants de luttes, de
révoltes, de colère et d'espoir nous ont sûrement
rapprochés plus encore car, tous, nous partageons aussi leurs
messages.
Il n'est
qu'à évoquer les temps "hors travail" où les
refrains des uns et des autres étaient repris en chœur. Mon
amant de Saint-Jean bien que pas très engagé, a bien
été chanté trois à quatre fois par jour,
sur l'escalier du collège pendant l'apéro,
accompagné à l'accordéon, et surtout le soir au
bar.
Là,
même après avoir chanté tout le jour, nous
reprenions autour d'un verre, tous en chœur et avec cœur ces "arias de
la révolte" toujours vivants et que nous devrons entonner aussi
longtemps qu'il faudra se battre pour que l'humanité vive dans
un monde plus juste.
Olivier Vallade.
LES
DEUXIEMES RENCONTRES
DE CHORALES REVOLUTIONNAIRES
A SAINT-AMANT-ROCHE-SAVINE.
22 - 28 juillet 2002.
Pour
la seconde fois, le petit village de Saint-Amant-Roche-Savine en
Livardois-Forez, a été le théâtre, durant
une semaine, de rencontres de chorales autour du chant militant et
révolutionnaire.
Cette année, ce sont les
"Josettes rouges" du Havre qui ont pris en main l'organisation du
stage. Le lundi 22 juillet au soir, elles accueillent en chanson cinq
autres groupes au cours de l'apéro :
La
chorale des "Sans nom" de Nancy : les nouveaux !
Les "Barricades" de Grenoble
La chorale d'A.C ! Limoges
Le Front Musical d'Intervention
(F.M.I.) de Paris
....Et bien sûr la Compagnie
"Jolie môme", renforcée par quelques stagiaires.
L'organisation
matérielle de la semaine ressemble sensiblement à celle
de l'an dernier.
- Camping dans le même champ mis
à disposition par la commune.
- Utilisation de la cuisine, du
réfectoire, des lavabos et douches du collège.
- Inscriptions pour les
différentes tâches culinaires et ménagères.
A midi, c'est un buffet de salades et
de crudités qui rassasie les choristes ; le soir, c'est un
repas. A noter quelques temps forts, tels le colombo ou le
barbecue .
Les travaux.
Les
temps de travail sont ainsi répartis :
- les matinées, de 10 h.
à 13 h. : on se retrouve tous à l'espace culturel autour
de Michel, Mathieu, Laurène, Cécile, Cyril, Manu.
Au cours des premières
séances, et après un échauffement sur
Göttingen ou Sans la nommer, les chorales présentent leur
répertoire à travers quelques chansons, tandis que
d'autres commencent à être préparées en
commun : assez rapidement en effet, on parle d'un spectacle qui sera
donné sous le chapiteau des "Jolie môme" le samedi soir.
On choisit sept chants à travailler ensemble :
Utile, de Julien Clerc,
travaillée avec les "Jolie môme"
Rue de Paname, des Ogres de Barback,
harmonisée par les "Coccinelles voix rouge" de Lyon et reprise
par les "Josettes rouges"
A las barricadas, harmonisée par
les "Barricades".
L'utopie Leclerc, une parodie de
l'Appel du Komintern établie par A.C ! Limoges
Ta colère est légitime,
composée par les "Jolie môme" entre les deux tours des
présidentielles.
Mc Do Mc strike, également des
"Jolie môme".
Nicolas and Barth, harmonisée
par les "Sans nom".
Chaque chorale présentera une ou
deux chansons de son crue, y compris les "Jolie môme".
- Les après-midi (sauf celui du mercredi qui a été "banalisé"), chaque chorale prépare les chants qu'elle a choisis de présenter pour le spectacle. A cette occasion, les "Sans nom" de Nancy et les "Barricades" de Grenoble se sont unis pour interpréter deux chants tirés de leur répertoire respectif : Grandola et Quant un soldat.
- En fin de journée, de 17 h. à 19 h. en général, on se retrouve tous à nouveau pour peaufiner les répétitions et travailler la mise en scène : déplacement, présence, regards. Cela avant l'apéro rituel pris sur les marches du collège !
Au fil des jours, les environs du collège, de l'espace culturel….et du Savine bruissent des refrains et couplets que chacun s'efforce d'apprendre du mieux qu'il peut !
Le pot de Dédé.
Une première occasion nous est offerte pour "tester" des extraits de ces travaux : le pot offert par Dédé (André Chassaigne), Maire de Saint-Amant...et tout nouveau député (à noter qu'il s'agit du seul député communiste nouvellement élu en France, tous les autres députés de ce parti ayant été réélus). C'est pour fêter cette élection qu'il a réuni jeudi soir une foule importante à la salle des fêtes du village. Après nous être frayés un chemin entre les convives, nous interprétons entre autres Utile, A las barricadas, L'utopie Leclerc, et Ta colère est légitime, après un petit discours bien senti de Manu. !
Le spectacle.
Les
vendredi et samedi après-midi, c'est sous le chapiteau des
"Jolie môme", autour des caisses en bois, que se règle le
filage du spectacle : l'enchaînement des chansons, les
déplacements, les présentations. Pour le week-end,
quelques chorales se sont renforcées de certains de leurs
effectifs, ce qui fait environ quatre vingt personne sur scène
à organiser patiemment. Bravo Michel !
Une affiche placardée un peu
partout dans le village a annoncé le grand soir. Les choristes,
tous de rouge et noir vêtus, arrivent aux abords du chapiteau
vers
20 h. 15. Il fait très beau, contrairement à l'an dernier
!
Ce sont donc vingt chansons qui sont
interprétées et chorégraphiées dans l'ordre
suivant, devant une centaine de spectateurs.
Utile.
Die Moorsoldaten (Le chant des marais),
par les "Sans nom" en V.O.!
Grandola, par les "Barricades" et les
"Sans nom".
Rue de Paname.
Poulet grillé, sur l'air de la
mère Michelle, par A.C ! Limoges.
L'affiche rouge, par les "Barricades".
A las barricadas.
El paso del Ebro, par le F.M.I.
L'utopie Leclerc.
Sketch Paquita, par les "Jolie
môme".
Chanter l'espoir, par les "Jolie
môme".
Tout allait bien, par les "Jolie
môme"
Ta colère est légitime.
Les talibans publics, sur l'air des
bancs publics de Brassens, par les "Josettes rouges".
Ca n'se voit pas du tout, d'Anne
Sylvestre, par les "Josettes rouges".
Mc Do Mc strike.
Brisons les prisons, par A.C ! Limoges
avec le renfort de basses des "Barricades".
Nicolas and Barth.
Quand un soldat, de Francis Lemarque,
par les "Barricades" et les "Sans nom".
Sans la nommer, tous ensemble.
A
l'issu de cette représentation, où public et
interprètes semblent avoir pris du plaisir, une buvette est
proposée, dont la recette sera reversée à Rawa :
association de luttes de femmes afghanes.
Puis, comme chaque soir de la semaine,
c'est au Savine que tout le monde se retrouve pour prolonger les
partages de refrains autour d'un verre !
D'aujourd'hui à demain…
Le
dimanche matin, avant le grand ménage et les grands
départs, une rencontre bilan-perspectives se tient sur les
marches du collège.
Tout le monde s'accorde afin de
remercier les "Josettes rouges" pour l'organisation matérielle
du stage et les "Jolie môme" pour l'encadrement des
séances
de travail.
Le séjour a été un
peu court ; il faudrait envisager une semaine pleine, avec
arrivée des participants le samedi.
Les choristes des "Sans nom" de Nancy,
nouveaux cette année, disent avoir beaucoup
apprécié le travail autour de la mise en scène.
Michel se déclare
également satisfait et pense que les atouts que les "Jolie
môme" ont pu apporter portent moins sur le chant que sur la mise
en scène : la présence, le regard, la
réalité d'être sur scène face à un
public.
Une cassette vidéo du spectacle
a été réalisée, elle sera envoyée
à chaque chorale. Dans le même ordre d'idée, une
demande pressante est faite à Mathieu pour qu'il réalise
à nouveau une cassette audio "best of" de ses enregistrements de
la semaine !
Plusieurs
idées sont lancées en vue de l'organisation du prochain
stage :
Envisager une formule de stage en
semaine et d'un week-end choral en final ; Deux chorales de plus
pourraient être accueillies, moyennant le règlement de
questions logistiques de place, ou pourraient venir le week-end en
même temps qu'un groupe de rock rouge.
Avant les rencontres, envisager
peut-être un échange de partitions entre chorales, via
Internet notamment, bien que les moments de choix des chants lors du
stage soient intéressants.
Bref, les "Jolie môme" proposent
quelque chose de plus ambitieux. Pour le moment, leur présence
à Saint-Amant et le déroulement du stage ne pose pas de
problème tant que le Maire est en accord avec ces projets. En
sera t'il toujours ainsi ? Il faut l'espérer !
Ce
seraient les choristes de Limoges qui prendraient en charge
l'organisation du prochain stage. Ils pourraient se mettre en contact
avec les précédentes organisatrices pour des conseils
pratiques !
Les dates devront être
arrêtées vers mars-avril 2003 pour tenir compte des
différents contrats des "Jolie môme". Envisager
éventuellement quelque chose autour d'un contre G.8 (qui se
tiendra en France)
A l'an prochain donc pour de nouveaux échanges de nos refrains porteurs de luttes et d'espoir !