Actualité
La chronologie va du plus récent au plus ancien, mais ce n'est pas forcément dépassé... |
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30 Mai 2008 Moins de pauvres dans le monde ? C'est super les statistiques... ICI 4
avril 2008
Nous, compagnie jolie Môme aux côtés de tous les signataires de cette lettre : Manifestons notre plus vive inquiétude devant la très nette aggravation des agressions contre les communautés indiennes zapatistes au Chiapas. Les exemples se multiplient : - Deux membres des bases d’appui zapatiste de Betel Yochip (zone d’Agua Azul, caracol de Morelia) ont été blessés par balles, détenus et torturés le 1er fevrier 2008, - Des actes d’hostilité ont été menés contre la communauté 24 de Diciembre (caracol de La Realidad) par l’organisation Union de Ejidos de la Selva, propriétaires de la chaîne de cafétéria La Selva, et des militaires présents sur le territoire de cette communauté, - Des menaces récentes contre la communauté autonome Vicente Guerrero (caracol de Morelia), - Des agressions de plus en plus fréquentes contre des communautés du caracol de Roberto Barrios,. La situation, par sa gravité, rappelle celle qui, il y a 10 ans, avait débouché sur le massacre de 45 personnes à Acteal le 22 décembre 1997. Pour la première fois depuis cette sombre époque des cas de torture ont été rapportés et les groupes paramilitaires n’ont jamais été aussi actifs. La complicité entre les groupes paramilitaires comme "l’Opddic" ou "Paz y Justicia" et les autorités fédérales et étatiques est évidente. Nous remarquons que l’augmentation des attaques contre les communautés zapatistes coïncide avec l’élection à la présidence mexicaine de Felipe Calderon. Nous le tenons personnellement responsable ainsi que toutes les autorités mexicaines de ces agressions et surtout de toutes les possibles attaques futures contre les communautés zapatistes. Nous réaffirmons notre totale solidarité avec les communautés indiennes zapatistes du Chiapas, la légitimité de leur lutte, pour la reconnaissance de leurs droits, pour le développement de leur autonomie, dans la recherche d’un système plus juste et plus égalitaire. Nous ferons connaître chaque fois que nous le pourrons la situation invivable des communautés zapatistes par la faute du gouvernement mexicain, et nous restons particulièrement attentifs à l’évolution de la situation. 25
mars 2008
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Le Comité des Femmes en Noir/Paris,
créé
en Aout 2001 a souhaité les
soutenir dans leur combat.
Nous
nous réunissons depuis le 1er Septembre, le samedi tous les 15
jours
entre 15h et 17h,( et maintenant les 19 janvier 2002, 2 février,
16
février, 2 mars, 16 mars, etc) devant la Fontaine des Innocents
à
Paris, silencieuses, vêtues de noir, autour de nos banderoles :
Les
réactions du public vont des remerciements aux injures, mais
sont
souvent intéressantes.
Nous sommes à votre disposition pour tout interview , ou simple information.
Nous pensons -sans modestie- que dans une période où les sectarismes divers ne rencontrent plus de tabous, il est important de maintenir l'idée du dialogue et de nous retrouver autour d'une idée clé et simple(dans son expression.)
Nous avons besoin que notre petite manifestation soit un peu plus connue. Si cela vous intéresse, merci de m'envoyer un mail (adresse a-mail dhoquois@cicrp.jussieu.fr ) soit me téléphoner au 0143413716 ou 0670480246
Merci par avance
Régine
Dhoquois-Cohen
pour les Femmes en noir Paris-(je suis maitresse de conférences
en
droit et sociologie à Paris VII et membre du CR de la revue
Confluences
Méditerranée
Tout est possible même ce qui semble à priori impossible
Chaque jour apporte son lot de morts et de blessés en
Israël
et en
Palestine. La situation
semble
totalement bloquée.
C'est parce que nous avons
choisi
de ne pas désespérer, de ne pas nous habituer à la
violence
quotidienne que nous avons créé un comité des
femmes
en noir à Paris, en soutien aux femmes en noir
israéliennes
et palestiniennes qui, depuis 1987, manifestent chaque vendredi en
Israël
pour la paix et la fin de l'occupation des territoires palestiniens.
C'est parce que nous sommes persuadées que ces deux peuples doivent finir par coexister pacifiquement, que nous venons un samedi sur deux, Place de la Fontaine des Innocents à Paris entre 15h et 17h, vêtues de noir, et silencieuses, réclamer :
- La fin de l'occupation
- L'établissement
d'un
Etat palestinien aux côtés de l'Etat d'Israël sur la
base des frontières
de
1967.
- La reconnaissance de
Jérusalem
comme capitale partagée des deux Etats.
- La reconnaissance par
Israël
de sa responsabilité dans les conséquences de la guerre
de
1948 et la nécessité de trouver une solution juste au
problème
des réfugiés palestiniens. L'égalité,
l'intégration
et la justice pour les citoyens palestiniens d'Israël, pour les
femmes
et pour tous les résidents d'Israël.
Si vous êtes d'accord avec cette plate-forme, vous
pouvez
vous joindre à nous.
Prochaine manifestation :
le
19 janvier 2002
Contact :
femmesennoirparis@yahoo.fr
Lettre ouverte aux pacifistes
Jean Bricmont
Les concessions irakiennes et les recommandations de
dirigeants
de nombreux pays ne semblent pas ébranler la
détermination
affichée par les Etats-Unis à imposer un "changement de
régime"
en Irak. En y renonçant maintenant, ils perdraient d'ailleurs
toute
crédibilité.
Cette situation pose de
nouveaux
défis, tout en offrant l'espoir d'un renouveau des mouvements de
la
paix, à condition que nous nous ayons une vue claire de la
situation.
Les remarques qui suivent n'ont pour but que de lancer une
réflexion
et un débat parmi les pacifistes sur les attitudes à
prendre.
Tout d'abord, il faut apprécier correctement les
rapports
de force réels. Les Etats-Unis possèdent une puissance de
destruction, conventionnelle et non conventionnelle, unique dans
l'hiistoire. Leur allié
israélien est de loin l'état le plus puissant du Moyen
Orient.
La supériorité économique des Etats-Unis sur
l'Irak
est écrasante. Mais ce n'est pas tout; la plupart des moyens
d'information
au niveau mondial présentent les Etats-Unis sous un jour
favorable
- en
particulier en acceptant
l'idée
saugrenue que ce sont eux et non l'Irak qui sont menacés,
malgré
le rapport de force existant. Par ailleurs, ni les vietnamiens ni
les
millions d'autres victimes de la politique américaine depuis un
demi-siècle
n'ont attiré une attention des médias comparable à
celle consacrée aux victimes du 11 septembre. Il existe
aujourd'hui de nombreuses
études montrant que les médias sont
systématiquement
biaisés lors des guerres. Nous devons par conséquent nous
en
méfier et utiliser et diffuser, autant que possible, des
informations
alternatives.
Nous ne devons pas nous laisser enfermer dans la logique des
sanctions
qui seraient un moyen approprié pour obtenir le
désarmement
unilatéral de l'Irak. En effet, quelle est cette logique? Si on
lève
les sanctions, rien n'empêchera l'Irak de se réarmer.
Donc, l'exigence
de désarmement mène à la perpétuation des
sanctions
qui, comme en ont témoigné des responsables du programme
pétrole pour nourriture (von Sponeck et Halliday) ont des
conséquences génocidaires
pour la population, et cela malgré le fait que le régime
irakien fait ce qu'il peut
pour
distribuer la nourriture disponible. Exiger le désarmement
unilatéral
d'un seul pays dans une région où il y a des conflits et
des
convoitises multiples n'est pas raisonnable. La seule solution passe
par
un désarmement global, en commençant par
les pays les plus
armés-
Israël dans la région et les Etats-Unis au niveau mondial.
Les résolutions de l'ONU ne doivent pas être sacralisées par le mouvement de la paix. D'une part, depuis la création de l'ONU, il existe une résolution demandant que les réfugiés palestiniens puissent rentrer chez eux. Tout le monde sait que cela ne se fera jamais et personne n'exige des bombardments massifs ou un changement de régime en Israël pour mettre cette résolution en application. Ce type de résolution peut donc rester longtemps lettre morte. D'autre part, la structure du conseil de sécurité ainsi que les rapports de force économiques au niveau mondial font que l'ONU, loin d'être une instance neutre, est trop souvent une arme entre les mains des grandes puissances. Finalement, il ne faut pas oublier que l'ONU a été créé pour éviter à l'humanité le "fléau de la guerre". Si les Etats-Unis parviennent, au moyen de pressions politiques et économiques à convaincre le conseil de sécurité d'appuyer leur offensive (comme ils l'ont fait en 1991), il ne faudra pas en conclure que la guerre est légitime, mais plutôt que l'ONU a renoncé à sa mission.
Il est, par ailleurs, absurde de présenter l'Irak
comme
une menace pour la paix. Aucun des pays voisins ne la considère
comme
telle. Lors de la guerre Iran-Irak, l'Occident a soutenu l'Irak, y
compris
en fournissant des armes chimiques, ce qui fait qu'il est assez cynique
d'utiliser aujourd'hui cette guerre, comme on le fait en Occident, pour
démoniser
l'Irak. L'Irak n'a aucun moyen d'envoyer des missiles sur les
Etats-Unis
ou l'Europe et, surtout, il n'y a aucune
raison de croire que ses
dirigeants
soient prêts au suicide national qu'une telle attaque
impliquerait.
Lors de la guerre de 1991, ils ont laissé leur pays être
détruit
par des armes conventionnelles plutôt que d'utiliser les armes
non
conventionnelles qu'ils possèdaient.
Nous devons séparer radicalement notre opposition à la guerre et notre opinion sur la nature du régime irakien. Qui accepterait que l'Inde, qui est une démocratie, envahisse la Syrie, qui est une dictature, pour y opérer un "changement de régime"? Il ne faut pas non plus oublier que, pour les Etats-Unis, il y a des bonnes dictatures et des mauvaises, mais surtout, il y de bonnes et de mauvaises démocraties: l'Argentine sous Menem est une bonne démocratie parce que la population y est atomisée et démoralisée et que les ressources nationales peuvent être bradées; le Vénézuéla de Chavez est une mauvaise démocratie, pour les raisons inverses. Il est à noter que dans leur empressement à "défendre la démocratie", les Etats-Unis et l'Union Européenne ont soutenu en avril 2002 au Vénézuéla un des coups d'état les plus éphémères de l'histoire. Quant au désir proclamé d'apporter la démocratie dans le monde arabe, il faut faire attention : un pays arabe qui serait véritablement démocratique tentera de contrôler ses ressources et sera bien plus anti-sioniste que les dictatures actuelles, parce qu'une telle attitude reflèterait les aspirations de sa population. On peut douter que c'est cela que l'Occident souhaite.
Notre opposition à la guerre doit être
inconditionnelle
et basée sur des principe clairs. En particulier, elle ne doit
pas
se baser sur le coût de la guerre, pour nous ou même pour
les
Irakiens, sur les risques de déstabilisation de la région
etc.
De tels arguments ont été avancés lors de la
guerre
du Kosovo ou de l'Afghanistan et, lorsque les échecs
prédits ne se réalisent pas, cela affaiblit encore plus
le mouvement de la
paix. Il est très possible que les Etats-Unis
arrivent à leurs
fins
par un coup d'Etat, une insurrection ou une guerre-éclair.
L'avenir
le dira, mais il ne faut jamais oublier qu'ils ont
énormément
de cartes dans leur jeu et qu'ils ont procédé
de la sorte très
souvent
dans le passé. Une opposition solide à la guerre doit
partir
d'une vision globale.
La guerre froide, loin d'être une simple lutte
défensive
contre le communisme, a été caractérisée
par
ce qu'on pourrait appeler la latino-américanisation du monde ,
c'est-à-dire,
d'une part, le remplacement de l'Europe par les Etats-Unis comme centre
du
système impérial et, d'autre part, la substitution du
néo-colonialisme
au colonialisme. Le néo-colonialisme permet de continuer le
pillage
classique, exploitation des ressources et de la main d'oeuvre du Tiers
Monde (et, aujourd'hui, de
la
matière grise qui doit suppléer aux déficiences de
notre
système éducatif), tout en permettant une autonomie
politique
formelle et une délégation corrélative des
tâches
de répression. Les renversements d'Arbenz au Guatemala, de
Mossadegh
en Iran, de
Goulart au Brésil,
d'Allende
au Chili, de Soekarno en Indonésie, de Lumumba au Congo ont
été
la face visible de cette politique, à côté d'une
multitude
de pressions en tout genre ainsi que de la mécanique de
l'endettement.
Le but des Etats-Unis en l'Irak est d'étendre ce système
à
tout pays récalcitrant. Quels que soient les moyens mis en
oeuvre
pour y parvenir, c'est cet objectif, et l'accroissement des
inégalités
qu'il implique, que nous devons rejeter, et cela par principe.
Le mouvement altermondialiste devrait être un allié privilégié du mouvement de la paix. Il est évident que n'importe quel pays qui mettrait en oeuvre certaines des mesures que ce mouvement prône, qu'il s'agisse de l'annulation de la dette ou de la remise en place de services publics forts, serait immédiatement traité comme l'Irak ou la Yougoslavie. On commencerait peut-être par des mesures de rétorsions économiques ou par une subversion politique (ce qui a d'ailleurs été essayé en Irak); mais il ne faut jamais oublier que la guerre est la dernière carte du système
Finalement, nous ne devons pas craindre d'être
isolés
parce que nous adoptons une position claire. Les Etats-Unis sont forts
militairement,
mais ils sont en train de perdre la bataille des
idées; nous devons
au
moins faire tout ce que nous pouvons pour les affaiblir sur ce
plan-là.
De plus, ils sont face à un dilemne: s'ils n'attaquent pas, ils
perdent
leur pouvoir d'intimidation. S'ils attaquent, ils décupleront la
haine
dont ils sont déjà l'objet. Même en Europe, leur
arrogance suscite une forte opposition. Mais, dans le Tiers
Monde, la situation
est différente: des millions de gens admirent bin Laden et
admireront
demain Saddam Hussein. Pourquoi?
Parce qu'ils apparaissent
-
à tort ou à raison- comme les symboles de la
résistance
à l'oppresion et à l'exploitation. Nous ne sommes
pasobligés
de partager ce point de vue, mais nous devons au moins adopter une
attitude
qui nous démarque radicalement des positions des
gouvernements occidentaux
et
qui rende possible le dialogue entre les mouvements pacifistes en
Occident
et les mouvements bien plus radicaux qui existent dans le Tiers Monde,
ainsi
que dans les populations immigrées ici. Ce sont eux nos
véritables
alliés et non les représentants de partis anciennement
pacifistes
qui ont vendu leur âme en échange de strapontins
ministériels.
C'est seulement ainsi que le mouvement de la paix sortira de la
léthargie
dans
laquelle il est
tombé
depuis la guerre du Golfe et contribuera à inverser la
mécanique
militaire, économique et idéologique qui, depuis vingt
ans,
ne fait qu'aggraver la violence et l'injustice du
monde.
Jean Bricmont
professeur à l'Université catholique de Louvain
Il y a un an, les femmes de ménage d’Arcade sortaient
victorieuses
d’un conflit d’un an contre Arcade et le groupe ACCOR.
Cette lutte pour la dignité et contre l’esclavagisme moderne orchestré par ACCOR a forcé cette multinationale à modifier ses comportements moyenâgeux.
Pour Accor et Arcade, l’heure de la revanche, de la vengeance a sonné !
Fathy Mayant, déléguée SUD Nettoyage, porte-parole des grévistes, fût toujours en première ligne dans cette lutte courageuse. Elle est donc la première attaquée.
Elle vient de recevoir sa lettre de licenciement pour avoir dépassé son crédit d’heures syndicales !
Accor et Arcade ont réussi à obtenir le soutien de l’inspection du travail du 10ème qui a donné son accord à ce licenciement.
En licenciant Fathy Mayant, la multinationale ACCOR veut montrer à son personnel qu’elle détruira tous ceux qui ne courberont pas l’échine. Ensuite, elle réinstallera sa précarité, son harcèlement, ses méthodes esclavagistes... Nous ne laisserons pas faire !
SUD Rail, SUD Nettoyage, les comités de soutien appellent toutes celles et ceux qui ont soutenu « la lutte des femmes de ménage d’Arcade » à nous contacter pour mettre en place le soutien nécessaire pour défendre Fathy Mayant.
• 06 70 00 86 87
• 01 42 43 35 75
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| 26 juin 2004 |
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Aujourd’hui, une alliance « néo-conservatrice » entre des sionistes radicaux, des chrétiens fondamentalistes et des partisans de l’ingérence humanitaire a de nouveau fait le « cadeau d’une guerre », mais on ne sait pas encore à qui : aux islamistes, au mouvement altermondialiste, ou à d’autres ? * * * Juin 2003 En 1967, Israël a vaincu en six jours cinq pays arabes et s’est emparé de la partie de la Palestine historique qui lui avait échappé en 1948. Comme l’histoire l’a montré, cette victoire éclatante a beaucoup contribué à faire progresser la paix et la stabilité dans la région, et à faire reculer le terrorisme et l’antisémitisme... Il était par conséquent tout-à-fait rationnel pour les dirigeants américains de tenter de dupliquer cette expérience positive, mais en plus grand, dans un pays non pas de trois, mais de vingt-cinq millions d’habitants. C’est ainsi qu’il y a un an, ils ont commis le crime qui avait été jugé à Nuremberg comme étant le crime suprême, celui qui contient et rend possible tous les autres : le crime contre la paix. Contre l’avis explicite des Nations-Unies et de l’immense majorité de l’opinion publique mondiale, ils ont envahi et occupé un pays qui ne représentait aucune menace pour leur sécurité, étant quasiment sans défense et affaibli par douze ans d’un des embargos les plus cruels de l’histoire. Les prétextes invoqués pour justifier cette agression s’effondrent les uns après les autres : il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak et, avant l’invasion, aucun lien avec le terrorisme. Le dernier argument, propager la démocratie et les droits de l’homme, bien qu’il soit facile à ridiculiser après la divulgation des photos de prisonniers « maltraités », mérite néanmoins qu’on s’y arrête. Le véritable problème des États-Unis en Irak ne vient pas tant des erreurs commises (même s’il y en a eu un certain nombre), mais du fait que, d’une part, étant donné leur rhétorique, il leur est difficile d’imposer immédiatement une dictature en Irak et que, d’autre part, il leur est impossible d’y accepter un régime même modérément démocratique. Pourquoi ? Simplement parce qu’un gouvernement démocratique est obligé de prêter attenti ! on aux désirs de sa population et, du moins si l’on en juge par l’opinion dans le reste du monde arabe, il y a trois choses que les Irakiens voudraient sans doute mais qui sont totalement inacceptables pour les Américains. Tout d’abord, contrôler effectivement leur pétrole (le prix et les quantités produites) ; en deuxième lieu, démanteler les bases américaines sur leur sol. Et finalement, construire un contre-poids militaire effectif à l’hégémonie israélienne dans la région, en acquérant, si nécessaire, un arsenal nucléaire. Après tout, la France et la Grande-Bretagne étaient démocratiques lorsqu’elles ont construit leur arsenal nucléaire en réponse à la perception d’une menace soviétique et la majorité de leur population n’était pas opposée à cette politique. Mais il n’y avait pas eu de guerre directe entre ces pays et l’URSS (contrairement à ce qui s’est passé entre l’Irak et Israël en 1967) et il aurait été inconcevable pour les Soviétiques de bombarder un réacteur nucléaire français, comme Israël l’a fait en Irak. Inutile de dire que les États-Unis ne peuvent pas laisser l’Irak entre les mains d’un gouvernement qui imaginerait même mettre en oeuvre de pareilles politiques. Mais ils ne peuvent pas être sûrs que des élections libres ne mèneraient pas à l’avènement d’un tel gouvernement. Ce que les Américains espéraient sans doute, c’était installer directement un régime néo-colonial comme ils l’ont fait par exemple aux Philippines, lors d’une précédente « libération », il y a un siècle. Mais depuis lors, le monde a connu quelques petites transformations, une révolte mondiale contre le colonialisme occidental par exemple, et il n’est pas évident qu’une telle politique soit encore possible aujourd’hui. En
attendant, tout
ne se passe pas comme prévu. Des centaines de soldats
tués, des
milliers d’autres blessés, la démoralisation, le doute
jeté jusque dans
les milieux dirigeants américains. Pour se rassurer, on se
dit : « ce
n’est pas le Viêt-Nam ». Minute ; ce n’est pas
encore le Viêt-Nam. Mais
la résistance est plus diversifiée et a des buts moins
clairement
politiques qu’au Viêt-Nam, ce qui peut rendre toute
négociation future
plus difficile pour les Américains. D’ailleurs,
si la
situation continue à se détériorer pour les
Américains en Irak, c’est
la gigantesque industrie intellectuelle de l’interventionisme
« humanitaire » (des milliers de livres, de
cours, de films) qui risque
fort de se trouver en difficulté. Depuis la fin de guerre du
Viêt-Nam,
cette industrie invoque les droits de l’homme, en dehors de tout
contexte historique et en évitant soigneusement de parler des
droits
économiques et sociaux, afin de justifier l’ingérence des
pays riches
dans les affaires intérieures des pays pauvres. Le mouvement qui s’est opposé à la guerre doit tout faire afin qu’aucune aide, matérielle, symbolique ou autre, même sous prétexte de reconstruction, ne soit apportée à l’occupation. Il faut aussi diffuser un maximum d’informations sur la situation en Irak, de façon à rendre la répression de la résistance aussi difficile et impopulaire que possible. Il est important, justement pour éviter tout conflit de civilisation, de montrer au monde arabe que la population européenne n’approuve pas la politique américaine, ni d’ailleurs le soutien que lui apportent ou voudraient lui apporter certains dirigeants européens. Ce combat sera plus difficile et plus nécessaire si Kerry est élu et s’il fait ce qu’il promet, à savoir recruter de nouvelles troupes, « maintenir le cap », c’est-à-dire l’occupation, et essayer d’embarquer les « alliés des Etats-Unis », c’est- !à-dire nous, dans l’aventure irakienne. Si on regarde l’histoire, on constate que les progrès sociaux ne sont souvent possibles que suite à des bouleversements violents. Aussi injuste qu’il soit, le système socio-économique existant se reproduit en inculquant à ses victimes, à travers des centaines d’expériences négatives, l’idée que « cela ne sert à rien de se révolter, de toutes façons, on sera vaincu ». Mais des crises se produisent lorsque non seulement les classes dirigeantes doivent recourir à la violence la plus brutale et aux mensonges les plus éhontés, mais sont de plus vaincues sur le plan militaire. Alors de modestes pas peuvent être franchis vers plus de justice. Après la défaite de Napoléon III à Sedan se produit la Commune de Paris, après le carnage de la première guerre mondiale, naissent le suffrage universel (masculin), les débuts de la décolonisation et le renforcement des syndicats ; après la déroute du fascisme et des larges fractions de nos classes dirigeantes qui l’avaient soutenu, de nombreux progrès sociaux et la fin de la décolonisation sont réalisés. Finalement, les révoltes des années soixante sont liées à l’embourbement américain au Viêt-Nam. Il est trop tôt pour dire si la résistance irakienne finira par coincer les États-Unis dans une guerre ingagnable, mais, si elle y arrive, alors elle peut contribuer à changer la face du monde. En effet, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, le système extrêmement injuste dans lequel nous vivons repose sur le fait que tout changement social progressiste, où qu’il se produise, se heurte à l’hostilité des États-Unis, hostilité qui commence par être diplomatique et économique et, si cela ne suffit pas, utilise le sabotage et la propagande et, en fin de compte, l’intervention militaire. Lorsque les Américains sont entrés à Bagdad, la question qu’ils se posaient était : à qui le tour ? La Syrie, l’Iran, Cuba, la Lybie ? Grâce à la résistance irakienne, il est peu probable que ces pays soient envahis dans l’immédiat, même s’ils continueront à être subvertis par des moyens plus traditionnels. Cette résistance va aussi, sans doute, redonner espoir aux Palestiniens, qui en ont bien besoin. Et si, à terme, l’arme ultime qu’est l’invasion se révèle inutilisable, c’est tout le système impérial américain qui risque d’être déstabilisé. Avant le début de la première guerre mondiale, Lénine pensait que les empereurs d’Autriche et de Russie ne feraient pas aux socialistes le « cadeau d’une guerre ». C’est évidemment ce qu’ils ont fait, ce qui a eu pour résultat, d’une part, de jeter ces empereurs dans les poubelles de l’histoire et d’autre part, de faire en sorte que le nom de Lénine ne soit pas connu uniquement par des historiens étudiant les petits groupes marxistes actifs dans l’Empire russe. Aujourd’hui, une alliance « néo-conservatrice » entre des sionistes radicaux, des chrétiens fondamentalistes et des partisans de l’ingérence humanitaire a de nouveau fait le « cadeau d’une guerre », mais on ne sait pas encore à qui : aux islamistes, au mouvement altermondialiste, ou à d’autres ? La boîte de Pandore est ouverte et nul ne peut prédire comment elle se refermera. Néanmoins, il faut reconnaître qu’en immobilisant l’armée américaine et en mettant en question son invincibilité, même temporairement, les Irakiens, comme les Vietnamiens dans le passé, luttent et meurent pour l’humanité entière. Jean Bricmont est professeur de physique à l’Université de Louvain-la-Neuve, et aussi collaborateur et préfacier de l’analyste Noam Chomsky. |
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| 29 novembre 2004 |
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Les partisans du « oui » au traité constitutionnel européen, singulièrement lorsqu’ils émanent de la social-démocratie et des Verts, ne répugnent pas à des manipulations du texte en lui faisant dire ce qu’il ne dit pas et en taisant ce qu’il dit. L’argumentaire du PS en faveur du oui, intitulé « Le vrai/le faux sur le Traité constitutionnel », fournit un catalogue de citations tronquées, d’omissions, et de contrevérités. Il va devenir un modèle pour travaux universitaires sur le mensonge en politique. Le livre de Strauss-Kahn, cette figure emblématique du libéralisme de gauche, invite à voter « oui » non pas à cause du texte, mais à cause de ce qu’on pourrait y ajouter le jour où on le changera. Voir en particulier les pages sur la démocratie où il n’hésite pas à affirmer que « la Commission va devenir le gouvernement démocratique de l’Union » - pages 41 à 47. Quand on sait que les électeurs n’ont aucune possibilité de sanctionner la Commission par leur vote, quand on sait que le Parlement européen, ni aujourd’hui, ni dans le cadre de la Constitution, ne peut imprimer de choix politiques à la Commission, on mesure l’inexactitude d’une telle affirmation. Quant à l’appui de Jospin à ce traité constitutionnel, personne ne peut oublier qu’il fut, face au patronat qui fait des bénéfices et qui licencie, l’incarnation de l’Etat qui ne peut rien, qu’il fut, en France, le recordman absolu, toutes catégories, des privatisations et qu’il fut, à l’Europe, le soutien inconditionnel des politiques néolibérales proposées à l’OMC par Pascal Lamy. Le premier responsable du 21 avril ne peut faire autre chose que soutenir une Constitution qui lui ressemble. Enfin, le chantage à la peur auquel se livrent ces sociaux-démocrates et ces écologistes est indigne de gens qui se disent de gauche. Une des valeurs de la gauche a toujours été de faire appel à la raison et à l’intelligence et non aux sentiments et aux passions. C’est la droite qui a toujours eu recours à l’argument « dites oui ou bien c’est le chaos. » En faisant appel à la peur, ceux qui usent de ce procédé signent ce qu’ils sont devenus. Mon propos, en relevant quelques-uns - pas tous, loin s’en faut - des propos les plus mensongers est de m’appuyer sur le texte, rien que le texte, mais tout le texte, pour corriger ces erreurs volontaires de ceux qui sont contraints de mentir, espérant éviter que leur « oui » s’identifie au « oui » de Chirac, de Balladur, de Raffarin, de Sarkozy, de Madelin et du MEDEF et de la Table Ronde des Industriels Européens. On ne peut pas dire « non » à Raffarin en France et « oui » à la droite la plus agressivement néolibérale lorsqu’il s’agit de l’avenir de l’Europe.
Ce n’est pas la première fois qu’un traité européen introduit, non pas la notion de service public, mais bien le concept de « service d’intérêt économique général. » Celui-ci est apparu dans le traité d’Amsterdam. On le retrouve à l’ Article II-96 de la Constitution : « L’Union reconnaît et respecte l’accès aux services d’intérêt économique général tel qu’il est prévu par les législations et pratiques nationales, conformément à la Constitution, afin de promouvoir la cohésion sociale et territoriale de l’Union. » La Constitution ne
fournit aucune définition du « service
d’intérêt économique
général. »
Par contre les documents de la Commission européenne (Notes de
2000,
Livre Vert de 2003, Livre Blanc de 2004) sont éloquents :
les pouvoirs
publics ne peuvent créer des services d’intérêt
économique général
(SIEG) que si deux conditions sont remplies : a)
que le marché (l’initiative privée) ne fournisse pas le
service b)
que ce SIEG respecte les règles de la concurrence. Les partisans socialistes et Verts du « oui » n’hésitent à dire tantôt que le passage des mots « service public » aux mots « service d’intérêt économique général » n’est qu’un « glissement sémantique » (les Verts) et que SIEG « signifie service public dans le langage européen » (argumentaire PS-oui). Rien n’est plus faux, comme on vient de le voir. D’ailleurs, l’annexe 1 du Livre Blanc apporte sur ce point une clarification intéressante : « les termes « service d’intérêt général » et « service d’intérêt économique général » ne doivent pas être confondus avec l’expression « service public » (p.23). En outre, la Constitution précise en son Article III-166, 2 : « Les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général ou présentant le caractère d’un monopole fiscal sont soumises aux dispositions de la Constitution, notamment aux règles de concurrence. » Enfin, le traité constitutionnel proclame que la liberté d’établissement et la liberté de circulation des services sont des « valeurs fondamentales » de l’Union européenne (article I-4). La proposition de directive déposée par le Commissaire européen Bolkestein sur « les services dans le marché intérieur » fournit la démonstration, confirmée par des experts de tous bords, que l’application intégrale de cette « valeur fondamentale » conduit à la disparition des services publics, de nos systèmes de sécurité sociale et du modèle européen de solidarité. Avec cette Constitution, c’est la fin de la capacité des pouvoirs publics locaux, régionaux et nationaux de procurer des activités de service auxquelles tous ont accès et dont les coûts sont mutualisés. Et l’impossibilité de créer des services publics européens. L’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l’OMC pourra s’appliquer totalement sans que les Etats ne puissent s’y opposer vu l’existence de cette Constitution.
Dans le Préambule de la Constitution française (comme dans la Constitution belge, celle d’Allemagne, du Danemark, de l’Espagne, de Finlande, de l’Italie, de l’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Portugal, de Suède), le droit au travail, le droit à un revenu minimum, le droit à un salaire minimum, le droit à une allocation de chômage, le droit à une pension de retraite, le droit à la couverture des soins de santé, à un logement décent sont garantis. Dans la Constitution européenne, ces droits ne figurent pas. S’agissant de la santé et de la sécurité sociale, le texte « reconnaît et respecte » ce qui se fait dans les Etats. Sans plus. Ce qui n’engage à rien de la part de l’Union européenne. Le droit au travail devient le droit à en chercher. Ce qui est très différent. L’Union européenne n’adhère pas à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) qui reconnaît ces droits sociaux collectifs. Par contre, elle adhère à la Convention européenne des Droits de l’Homme qui ne les reconnaît pas. Il ne faut pas se laisser abuser par quelques paragraphes bien ronflants (comme l’article I-3). Cette Constitution contient ici et là des formules « tape à l’œil » qui n’engagent à rien juridiquement et qui sont vidées de tout sens par des dispositions contraignantes répétées systématiquement, comme par exemple, l’obligation de respecter « la concurrence qui doit être libre et non faussée. » Strauss-Kahn manipule la présentation du texte pour le rendre acceptable.
La Constitution réduit à néant ce mensonge : Article I-26, 2 : « Un acte législatif de l’Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission, sauf dans les cas où la Constitution en dispose autrement. » Le monopole de l’initiative de la Commission est maintenu. Et la technique de la codécision tant vantée par les partisans du « oui » a pour effet que le Parlement européen ne peut modifier les textes soumis par la Commission que si celle-ci marque son accord.
L’article III-314 qui introduit la politique commerciale commune et donc notre rôle à l’OMC, stipule : « l’Union contribue conformément à l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs et à la réduction des barrières douanières et autres. » On se trouve clairement en présence d’un choix politique. Un choix politique dont même la Banque Mondiale remet en cause, aujourd’hui, l’efficacité pour la création d’emplois. Mais supprimer les restrictions aux investisseurs qui ne supportent pas les lois sociales, les lois environnementales, le respect des droits humains fondamentaux, c’est une exigence du MEDEF et des organisations patronales européennes. La première tentative de supprimer les restrictions aux investissements étrangers directs porte un nom : Accord Multilatéral sur l’Investissement (A.M.I.). Strauss-Kahn y était d’ailleurs directement associé et soutenait cette démarche (voir ses réponses aux interpellations à l’Assemblée Nationale). Si la Constitution est adoptée, il ne sera plus possible, comme l’a fait Jospin en 1998 sous la pression des associations, des syndicats, du PCF et des Verts, de dire que l’AMI doit être négocié non pas à l’OCDE, mais à l’OMC. Comme, depuis, la négociation a échoué à l’OMC, le patronat exige que l’AMI revienne dans le cadre européen. D’où sa présence dans la Constitution. On mesure ainsi l’incohérence de ceux qui ont combattu l’AMI en 1998 et qui le soutiennent aujourd’hui.
Mais quelle est cette capacité aujourd’hui ? Sans parler des régions du monde qui nous sont éloignées, en quoi intervenons-nous efficacement dans l’interminable conflit israélo-palestinien ? En quoi sommes-nous capables de donner du contenu à ce dialogue euro- méditerranéen dont on parle depuis 30 ans ? En quoi sommes-nous capables de régler le problème de Chypre ? Nous n’avons même pas été capables de régler un conflit entre l’Espagne et le Maroc à propos de quelques arpents de terre sur une île inconnue de tous ; c’est le Secrétaire d’Etat US Colin Powell qui s’en est chargé. Est-ce que notre capacité à peser dans les grandes affaires du monde se résume à se féliciter d’un coup d’Etat inspiré par Washington contre le président démocratiquement élu du Venezuela avant d’apprendre qu’il a échoué ? On ne peut pas affaiblir ce qui est déjà faible. Et ce n’est pas parce qu’on disposerait d’un ministre européen des affaires étrangères que celui-ci aurait de l’influence s’il n’est pas soutenu par les 25 gouvernements. Les profondes divergences entre Européens sur le principe de la guerre préventive, qui est la négation même de la Charte des Nations Unies, montrent qu’aussi longtemps qu’il n’y a pas consensus entre les 25, il est impossible de peser sur les affaires du monde. Avec ou sans « ministre des affaires étrangères européen ».
C’est exactement le contraire ! Bush espère la ratification de la Constitution puisqu’elle consolide le lien de soumission des Européens aux USA : article I,41,2 : « La politique de l’Union (...) respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains Etats membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’OTAN et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre » et article I,41,7 : « Les engagements et la coopération dans ce domaine [en cas d’agression] demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’OTAN qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre. » Qui détient la plus haute responsabilité militaire à l’OTAN ? Un officier US. Qui est le chef suprême de cet officier ? Le Président des USA. Il suffit de lire le Livre Blanc publié par le gouvernement de Tony Blair pour se rendre compte à quel point ce traité constitutionnel consacre la victoire du modèle anglo-saxon et l’avancée vers une zone euro américaine dans laquelle disparaîtra le modèle européen. D’ailleurs, un partisan du « oui » ne l’a pas caché. Dans « Le Monde » des 25-26 juillet 2004, Jean-Claude Casanova écrivait : « cette Constitution consacre le triomphe politique de la Grande Bretagne puisqu’elle aboutit à une Europe dans laquelle le Royaume-Uni serait à la fois le pivot politique parce qu’elle en aurait fixé les règles et les limites, et la charnière avec les Etats-Unis dont il est le voisin et parent. Dans l’Euramérique qui se profile, l’Angleterre tient un rôle central. »
Invoquant ce que, dans le jargon, on appelle les « clauses passerelles » et les « coopérations renforcées », il prétend qu’ainsi la clause de l’unanimité peut être surmontée, ce qui fournirait des opportunités d’avancées significatives. C’est passer sous silence que « en cas d’opposition d’un parlement national [à l’usage de la clause passerelle] la décision européenne n’est pas adoptée » (article III-444,3) et que « l’autorisation de procéder à une coopération renforcée est accordée par une décision européenne du Conseil, statuant à l’unanimité » (article III-419,2). Dans tous les cas de figure, on retrouve d’une manière ou d’une autre, l’exigence de l’unanimité. Une réalité s’impose : si cette Constitution est ratifiée, il sera impossible de la modifier avant de très nombreuses années. Nos enfants comme nos petits enfants auront à la subir.
Le droit de pétition (dont on sait à quel point il est peu efficace sur le plan national) ne permet pas de modifier la Constitution ; un million de personnes pourront proposer à la Commission un texte qui applique la Constitution. Et la Commission en fera ce qu’elle voudra comme le précise l’Article I-47, 4 : « Des citoyennes et citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatifs d’Etats membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyennes et citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application de la Constitution. »
Ces gens nous disent : le texte n’est pas franchement bon ; à bien des égards, il ne répond pas à nos attentes ; mais il faut l’adopter pour conserver les quatre ou cinq points positifs qu’il contient ; quant au reste, nous allons nous battre, après la ratification, pour l’améliorer ; notre « oui » s’inscrit donc dans la perspective de ce futur combat. Etrange perversion du raisonnement ! Pour trois raisons, au moins : 1) s’il s’agissait d’enregistrer les quelques progrès résultant des négociations, pourquoi ne pas s’être contenté d’un simple traité s’ajoutant aux quatre venus modifier le traité de Rome depuis 1957 ? Pourquoi avoir donné une force constitutionnelle (article I-6) à un texte qui, avant tout, va donner cette force à un projet politique néolibéral ? 2) parce que cela revient à dire : nous ne nous battons pas aujourd’hui contre ce texte, mais rassurez-vous, nous nous battrons demain, une fois qu’il sera devenu la Constitution. Quel crédit peut-on accorder à un tel engagement de la part de ceux qui, aujourd’hui, alors que la plupart des 25 gouvernements de l’Union sont conservateurs, promettent une Europe sociale qu’ils n’ont pas réalisée lorsqu’ils dirigeaient douze des quinze gouvernements de l’Union et la Commission européenne ? 3) ils savent pertinemment qu’ils ne pourront pas modifier ce texte. Parce que, cas unique au monde, la Constitution européenne va exiger l’unanimité pour être modifiée. Il sera plus aisé de modifier la Constitution des Etats-Unis que celle de l’Union ! Mais, disent les partisans de ce texte, l’unanimité est requise depuis 1957 pour modifier les traités ; il n’y a rien de nouveau ! C’est un peu vite oublier que cette unanimité se pratiquait d’abord entre 6 Etats, puis 9, puis 12, puis 15 et que les grosses difficultés surviennent depuis que les négociations ont lieu à 25. C’est oublier aussi que les dix Etats qui viennent de rejoindre l’Union n’ont pas vraiment de tradition démocratique, que ces pays, à l’exception de l’ancienne Tchécoslovaquie, n’ont connu pendant des siècles, que des régimes autoritaires et que la plupart d’entre eux apprennent depuis une dizaine d’années l’art du compromis consubstantiel de la construction européenne. C’est oublier enfin que, pour les huit pays qui furent jusqu’il y a peu des satellites de Moscou, ce qu’ils vivent aujourd’hui, c’est comme une accession à l’indépendance. Leur demander de renoncer dans l’immédiat à cette souveraineté retrouvée ou découverte pour se placer sous les ordres de Bruxelles, c’est ignorer une réalité qui domine le paysage politique de ces pays. Ecoutons leurs intellectuels, lisons leurs éditoriaux et nous saurons qu’il faudra du temps, beaucoup de temps avant qu’ils acceptent de renoncer davantage à leur souveraineté que ce qu’ils ont déjà dû concéder pour adhérer à l’Union européenne. La règle de l’unanimité fige la construction européenne dans son état actuel. Elle bloque toute espérance d’approfondissement avant de nombreuses années. Le « oui » de combat, ce n’est rien d’autre qu’une promesse. Comme celle de Jacques Delors qui, en 1992, promettait : « acceptez le traité de Maastricht et nous ferons l’Europe sociale tout de suite après » Il y a douze ans... Pour conclure : On peut tromper les gens un temps ; on ne peut pas les tromper tout le temps. Agissons pour que le jour du référendum, les partisans d’un « oui de gauche » n’aient trompé qu’eux-mêmes et que triomphe un « non de gauche » qui est en fait un « oui » à l’Europe, mais à l’Europe des peuples, pas à celle des marchands et des marchés."Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho. . . ." (Jean Jaurès) Raoul Marc JENNAR docteur en science politique,
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Le Soir, 25 février, la
semaine financière :
« L'envie de se trémousser ne tenaille jamais autant que lorsqu'on est assis sur un grand tas d'or. Les entreprises européennes avaient accumulé un tel trésor ces deux dernières années qu'il était inévitable qu'elles cherchent à l'employer. Et du coup, cette semaine boursière a été particulièrement enjouée, les sociétés poursuivant leur partie endiablée de stratego, plus particulièrement en Europe (OPA du secteur électricité - nda). Et elles pouvaient d'autant mieux s'y adonner qu'aucun souci statistique n'est venu ternir leur moral. En Europe même, on baigne dans l'euphorie : le dernier baromètre Ifo, qui mesure le moral des patrons allemands, n'avait plus atteint un tel niveau depuis 1991 ! (...) Certes, en milieu de semaine, les marchés américains ont été un peu refroidis par les chiffres de l'emploi (un peu trop bons, laissant craindre donc qu'un jour ou l'autre les salariés ne deviennent gourmands et ne relancent l'inflation)... » ----------------------------------------------------------------------------- Quel dommage que cet article soit caché au fond des pages pour investisseurs ! On aimerait, d'un coup de baguette magique, le placer à la une des grands médias pour Monsieur tout-le-monde. En effet, ceci nous dévoile des règles fondamentales de notre société : 1. Les grosses sociétés ont accumulé un énorme « tas d'or ». 2. L'employeront-elles pour augmenter les salaires ou créer de l'emploi ? Non, juste pour augmenter leurs avoirs. 3. Mais qui est critiqué ici pour le péché de « gourmandise » ? Les salariés. 4. Le danger, c'est donc que les salariés « gourmands » diminuent le tas d'or. 5. Bref, c'est la diète et l'exploitation des salariés qui grossit le tas d'or. 6. Et pour mieux le grossir, les « marchés » (lisez : les capitalistes) ont besoin que les salariés demeurent soumis au chantage du chômage. Donc, les discours sur la « politique de l'emploi » sont juste de la poudre aux yeux. 7. De même, les discours style « Les profits des riches créent des emplois pour tous » sont juste une arme de propagande massive dans la guerre sociale. Qu'arriverait-il sur le plan social si les médias mettaient à la une de telles infos sur le système au lieu du bla-bla habituel ? VOIR AUSSI : - Règles économiques menant au chômage et à la pauvreté : Bush, le cyclone - Idéologie consciente et inconsciente dans les médias : Rubrique Attention, médias! - Livre sur les médias |
21 mars 2008
Certaines d’entre elles font 60 à 70 kms par jour pour se rendre à leur travail, et leur budget « essence » avoisine les 200E. par mois. Aujourd’hui, contraintes par les problèmes financiers auxquels il faut faire face, elles ont repris leur travail, avec 16 jours de grève à « éponger » et sans avoir gagné grand chose. La presse s’est fait largement l’écho de ce mouvement.
Il faut à présent terminer le mois et faire face au quotidien.
Qui n’imagine pas ce que c’est ?
Personne ne peut ignorer aujourd’hui, grâce aux travaux nombreux des chercheurs sur ce sujet, ce que sont ces emplois de la grande distribution, faiblement rémunérés, assortis d’horaires imprévisibles, de temps partiel contraint, et bien souvent réservés aux femmes. Des femmes courageuses qui veulent travailler, être libres et indépendantes, élever leurs enfants en leur donnant les meilleures chances de réussite.
Solidaires avec ces femmes fières de leur mouvement, fières d’avoir résisté – et avec les hommes aussi, moins nombreux, qui ont participé à la grève - nous appelons tous les citoyens de bonne volonté, membres d’associations, travailleurs, retraités, syndicalistes, militant-e-s qui ont été attentifs à leur combat, à les aider à passer le cap difficile des jours qui viennent.
Vous qui mesurez ce que représente un mouvement de courage semblable, nous vous proposons d’adresser votre aide* au Collectif- 13 Droits des femmes, 13 boulevard des frères Godchot 13005 Marseille. Le Collectif- 13 fera parvenir les sommes perçues aux responsables du mouvement.
A quelques jours du 8 mars où nous allons honorer les femmes et en particulier les femmes résistantes, nous avons aux portes de notre ville des femmes courageuses auxquelles nous voulons dire notre admiration et notre solidarité.
Ce mouvement est né de la rencontre de responsables associatives féministes marseillaises avec les représentant-e-s du mouvement. D’avance merci à tous.
Geneviève COURAUD, Nicole THUET, responsables associatives.